Que se passe-t-il en cas de refus de cette réforme ?

Un NON à l’AVS permettra de libérer la voie à une vraie réforme, qui garantira de manière durable la prévoyance vieillesse et les rentes. La PV2020 ne permet pas cela, car l’extension de l’AVS selon le principe de l’arrosoir ne fait que jeter de l’huile sur le feu aux problèmes structurels. Dès 2030, les coûts de l’extension (1,4 milliard de francs) dépasseront même les économies de l’AVS via l’augmentation de l’âge de départ à la retraite des femmes (1,2 milliard de francs).

Voter NON le 24 septembre prochain n’est pas l’option la plus onéreuse, contrairement à ce que prétendent les défenseurs du projet. La stabilisation financière de l’AVS par la réforme ne suffira même pas jusqu’en 2030, malgré l’important financement supplémentaire. Dès 2027, l’AVS présentera à nouveau un déficit de répartition d’un milliard de francs. Cela signifie donc que dès le premier jour de l’adoption de la réforme, il faudra trouver des moyens supplémentaires pour combler le trou financier de l’AVS. Dès 2025, de nouvelles mesures devront être appliquées afin de couvrir le déficit de l’AVS qui surviendra à partir de 2027. Jusqu’en 2035, il faudra donc soit augmenter l’âge de départ à la retraite à 67 ans, augmenter les cotisations salariales de 1,5% ou encore augmenter la TVA d’environ 2% afin de financer l’expansion de l’AVS. Cette expansion renforce ainsi la nécessité de prendre des mesures d’assainissement rapides et drastiques. Même la conseillère nationale PDC Ruth Humbel ainsi que le conseiller national BDP Lorenz Hess se sont accordés à dire dans la NZZaS du 20 mars 2017 qu’une augmentation de l’âge de départ à la retraite sera nécessaire.

Dans ce contexte, voter NON à la PV2020 permettra de libérer la voie pour une vraie réforme, une réforme qui garantira de manière durable la prévoyance vieillesse. Une expansion selon le principe de l’arrosoir ne sera donc plus une option. Il en restera les mesures centrales et pratiques incontestées : l’harmonisation de l’âge de départ à la retraite, un financement supplémentaire de l’AVS modéré et la baisse du taux de conversion minimal avec une compensation socialement acceptable. Il est possible de mettre tout cela en œuvre rapidement et de manière digeste, sans mélanger les différents piliers dans un paquet complexe, . Si la politique arrive à tirer de justes conclusions de ce plébiscite, alors les moyens cités pourront être appliqués efficacement dès 2020 ou 2021 – pour une garantie durable du niveau actuel des rentes AVS et LPP.